Montréal/Genève, exploration paradoxale

16/04/2013

Explorer le territoire, l’utiliser, l’user, le façonner.

Aujourd’hui, passer d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre paraît de plus en plus facile et de plus en plus rapide. Il suffit d’observer le réseau aérien pour comprendre à quel point l’Homme est en éternel mouvement. Alors que les premières grandes explorations ne sont pas si lointaines,  la dernière décennie a apporté une notion plus abstraite à notre manière de nous déplacer: La télécommunication.

L’impalpabilité de ses millions de réseaux la rendent difficilement maîtrisable. Elle est pourtant rentrée de manière presque instinctive dans notre façon de vivre et donc d’explorer.

Alors, aujourd’hui, comment faisons-nous en tant qu’explorateurs ? Par quels outils arrivons-nous à comprendre notre propre territoire mais également celui qui se trouve à des milliers de kilomètres ?

Nous nous sommes lancées dans une sorte de jeu qui utilise les instruments typiques auxquels on a accès aujourd’hui : Google map, les réseaux d’échange comme Facebook et Dropbox, les mails, forcément, mais aussi Skype, différentes applications pour smartphone, l’appareil photo incorporé etc.
Les règles sont les suivantes : D’une fois à l’autre, une équipe prépare deux trajets à effectuer le jeudi. Les parcours sont les mêmes dans leur manière d’être dictées (Première à droite, seconde à gauche…) et partent tous de nos écoles respectives. Le fait de concevoir de la même manière nos trajets, nous incite, dès le départ, à penser l’espace de manière aérienne. Google map, grâce aux clichés satellites, nous permet de comparer Montréal et Genève et de comprendre comment celles-ci ont été construites, qu’elles sont leurs différences et leurs similitudes et comment pouvons-nous les mettre en relation.
Pendant le parcours, chaque équipe exploite son propre environnement : toutes les minutes nous prenons une photographie panoramique de ce qui nous entoure, chaque émotion, expérience est strictement noté dans un carnet de bord et notre trajet est suivi instantanément par GPS.

Dans un second temps, nous nous imaginons faire la même chose, au même moment mais avec 6 heures de décalages et à des milliers de kilomètres. Paradoxe fascinant: Comment pouvons nous être 9h30 du matin et 15h30 en même temps, faire un trajet de la même manière à 5897 kilomètres de distance et en être tout-à-fait conscient ? Pour tenter de réaliser «l’absurdité» de ce que nous arrivons à accomplir aujourd’hui, nous avons penser un objet final qui mélangerait partiellement l’ensemble. Nous voulons utiliser la notion de «bug», comme quelque chose qui paraît étrange, qui dénote avec l’ensemble. D’une part, virtuellement, en piratant un des plus grands sites de partage de photos : Flickr. En remplaçant les données de localisation des photos de Genève par celles de Montréal (et inversement), on introduit de fausses informations sur Internet. Les panoramas sont libres de droit, autorisés à la vue du public et aux moteurs de recherche ce qui les rend accessibles pour tous. D’autre part avec un livre-objet qui mettrait en avant les différences de temps, d’espace et de tracés des deux villes explorées.

Projet Flickr : 
Lien : http://www.flickr.com/photos/94917659@N07/map/

 

En partant des mêmes trajets effectués d’une part et d’autre du monde, nous avons inter-changés les panoramas de Genève dans les points de Montréal et vice-versa. Nous sommes allées dans le fichier source des photographies et avons “cracké”, grâce à des logiciels,  les informations de géo-localisation.
Ainsi, Flickr situe automatiquement des photos de Genève à Montréal et délivre de fausses informations sur internet. Par les points de la carte donné par Flickr, nous retrouvons nos tracés de parcours, comme si, en réalité, nous étions à la fois à Genève et à Montréal. Les noms des rues sont en titre des photos et des tags sont ajoutés pour que l’on puisse les trouver à travers les moteurs de recherche.

 

Projet Livre : 
En cours -
Livre-objet qui vient appuyer le projet. Les trajets de Montréal s’entremêlent par intermittence avec ceux de Genève et inversement, ainsi de nouveaux tracés se crées, de nouveaux territoires, dans lesquels il serait possible de faire 5897 kilomètres en 15 minutes…

Projet site :

L’idée est de mettre en ligne, sur un site internet à part, des cartes interactives avec les trajets et les panoramas associés .

 

Comme nos parcours furent enregistré par un GPS, nous avons pu archiver les traces de nos déambulations urbaines. 6 trajets ont été utilisés pour créer une image-carte abstrayant les nom de rues où ces tracés se superposent et se rencontrent à un point fixe : Le point de départ qui nous était commun pour chacun des parcours, c’est à dire L’université. Sur ces tracés (réalisés avec Illustrator en ayant comme comme référence immédiate nos trajets GPS Runtastic) sont localisés les panoramas que nous avons pris à toutes les minutes durant ces activités. Comme nous n’avons accès à aucune indication de rues comme dans une carte traditionnelle, on ne peut réellement identifier d’emblée quel trajet appartient à quelle ville. Alors, c’est par l’exploration des images t des indices qu’elles comportent qu’il devient possible de deviner quel trajet à été réalisé dans quelle ville. Pour y arriver, nous devons cliquer sur les points et un lecteur de panorama s’ouvre pour nous donner accès à une vue qui rappelle celle que l’on a sur Google streetview.

 

Lien : http://www.auloin.ifaway.net/medias/exploration-paradoxale/

 

 

 

PS : Journal de route : nous avons tenté de mettre le pdf en ligne, mais celui-ci ne marche pas, nous n’avons pas vraiment de solutions. Le rendu papier est cependant en possession des profs à Genève.

 

Claire Bonnet – Nadia Duquette – Noémie Pasqual – Camille Thomas