Au Même Instant, journal et projet final

22/05/2013

 

Projet terminé, le site web est désormais disponible en ligne sur le lien suivant:

http://www.ifaway.net/medias/MRL-GVA/index.html

 

 

C’est au travers de ce projet que nous allons tenter de questionner notre rapport à la temporalité vécue sur deux continents différents.
C’est pendant une performance étalé sur 7 jours que nous prendrons, chaque heures, des photographies de ce que nous voyons et d’où nous sommes.

Cela se fera à l’aide d’un réveil, de jour comme de nuit.

Nous pourrons alors grâce à ce dispositif questionner notre relation au quotidien et appréhender Genève ainsi que Montréal sous un angle particulier et non conventionnel.

Ce système intrusif nous permettra, en plus de découvrir une nouvelle ville, de mettre en lumière les similitudes et différences de nos vie d’étudiants.

 

Au terme de cette expérience, nous aurons récoltés plus de 1008 photographies de nos vies respectives. Mis en parallèle celles-ci nous offriront un immense tableau e l’être humain dans son territoire. En faisant cette activité, à la même heure mais sur un autre fuseau horaire, nous abolissons la distance qui nous sépare dans un but commun.

 

 

En parallèle de cela, nous tiendrons un petit journal où nous retranscrirons toutes nos pensées, dessins, sentiments lors de cette performance. Cela nous permettra de garder une trace matérielle de cette expérience.

 

 

 

26 Mars : Nous avons du annuler la semaine dernière notre prise de vue car Jessica était malade. Mais cela nous à permis d’y voir plus clair dans notre démarche et d’avoir une hygiène de travail commune. Nous stockons toutes nos photos sur un groupe Facebook et échangeons des messages avec Whatsap.

C’est donc depuis dimanche que l’expérience a commencé. L’ambiance est agréable entre nous, nous nous parlons souvent à travers des mails et on essaye de se Skyper au moins une fois par semaine. Cela va faire deux jours que nous avons vraiment commencé la prise de vue. Rien qu’en 48h il est intéressant de voir nos quotidiens respectifs, c’est d’ailleurs assez particulier de rentrer dans l’intimité d’inconnues. J’ai l’impression que ce projet nous lie, c’est un sentiment étrange mais je ressens réellement la présence d’un travail et d’un but commun. La fatigue se fait aussi ressentir, un réveil toutes les heures pendant la nuit ce n’est VRAIMENT pas l’idéal. On en reparle dans 5 jours … Boris

 

 

 

Video Skype hebdomadaire

Boris et sa tête du matin. Hinhinhi

 

Les filles sont concentrées.

 

 

Session Skype avec nos professeurs.

 

Lundi 8 avril : Nous avons scanné nos carnets et nous faisons la collecte de toutes nos photographies.  Nous nous divisons les albums pour pouvoir aller plus vite. Classer par heures, prénoms et jours ils vont nous permettre de créer notre rouleau sur le logiciel.

Mercredi 9 avril : Nous nous posons la question de savoir si nous faisons un site web. Nous nous sommes mis d’accord pour la typographie des photographies. Le rendu nous plaît vraiment. Nous sommes pas mal excités !

Vendredi 11 avril : nous allons faire le site web ainsi qu’une copie imprimée ( copie genevoise ). Boris s’assure de la continuité et le placement des photographies sur le site web et voir si tout concorde bien. On se sert de notre pdf pour pouvoir imprimer une version c’est Jessika et Valériequi s’en occupent.

Mardi 16 : Tout fonctionne, le site, nos textes, les moleskines, la version imprimée. On prépare notre oral et on a hâte de vous présenter notre belle collaboration !!!

 

 

 

 

 

Il y a des expériences dont vous vous remémorez toute votre vie, on est tous les trois d’accord pour dire que cette semaine restera gravée dans nos mémoires. Décrire cette performance en mots nous permet d’en comprendre sa totalité, c’est pourquoi nous allons ici tenter de retracer cette semaine pleine d’émotions.

Après l’annonce de nos projets respectifs nous nous sommes organisés très rapidement. Avec chance, nos idées de travaux étaient très similaires, nous permettant ainsi de nous entendre sur les différentes démarches à suivre. Grâce à plusieurs rendez-vous Skype nous nous sommes entendus pour prendre deux photos horizontales à chaque heures de la journée, une de ce que l’on voyait et l’autre de nous même dans cet environnement. Toutes ces photos seraient répertoriées et classées dans un album Facebook avec la date et l’heure de leur prise de vue. Tout au long du Worskhop nous avons organisés au moins une rencontre par semaine et de nombreux échanges écrits. Cette hygiène de travail, et nous ne le savions pas encore, nous sauvera des heures de tâtonnements. Une fois les directives énoncées nous pouvions enfin passer à la prise de vue.

La prise de photographies était l’axe principale de notre expérience. C’était au travers d’elle que nous puisions nos ressources pour pouvoir construire notre projet. A chaque heures de la journée, le réveil de notre téléphone intelligent résonnait simultanément d’un continent à l’autre, pour nous indiquer qu’il était temps de figer le temps. Cette obligation d’instantanéité nous plaça souvent dans des situations cocasses. Passant d’une rame de métro à une soirée entre amis, d’un diner en amoureux à un examen oral, rien ne devait entraver la continuité de notre expérience. Pas même le sommeil. A chaque heures de la nuit la même sonnerie résonnait, nous indiquant que c’était l’heure de la prise de vue. Et cela s’est répété pendant sept jours. Sept jours de manière inlassable et répétitive. Modifiant nos humeurs, nos rapports à l’autre aussi bien qu’a nous même. Pendant toute la semaine nous avons eu de nombreuses remarques de nos proches, nous questionnement sur le fondement de notre démarche. Cela nous a poussé à nous questionner encore plus sur les notions qu’on abordait. C’est pour cela que nos petits carnets Moleskine nous on accompagné tout au long de notre performance, pour alimenter nos questionnements et remarques mais également pour recueillir des croquis et dessins de notre expérience.

Nous nous sommes longtemps questionnés sur notre mode de présentation. Comment parvenir à retranscrire fidèlement l’intégralité de notre travail ? Comment bien agencés plus de mille photographies ? Nous désirions présenter toutes nos photos mais nous n’étions pas sur de leurs agencements. Nous avons finalement opté pour une longue frise, mettant en parallèle nos différents fuseaux horaires. La frise à un début est une fin mais celle-ci pourrait être aisément reprise et réutilisée par d’autres personnes. En complément de cela nous avons créer un site web qui permet de consulter toutes nos photographies.

Nous sommes tous les trois d’accord pour dire que cette performance nous a surprise. Nous ne pensions à aucuns moments qu’elle nous emmènerait si loin dans notre quotidien, qu’elle mettrait à ce point en lumière des similitudes et des différences entre nos pays. Nous avons assisté à une véritable abolition de nos frontières respectives. En réalisant cette expérience nous avons disséqués synchronisés et archivés nos journées. Nous avons eu accès à l’intimité de l’autre, créant ainsi un lien fort, un promiscuité entre nous alors que nous nous sommes jamais rencontrés. Nous sommes fiers et heureux d’avoir mené à bien cette performance qui nous a permis de réalisé une véritable croisée des territoires.